Pensées du moment

« Plus grand est le doute, plus grand est l’éveil ; plus petit le tout ce qui est devient photo jjcuvillondoute, plus petit l’éveil. Pas de doute, pas d’éveil ».  C. C Chang the practice of Zen

cascade Myriam T.Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscure surgissent les monstres.  Antonio GRAMSCI

.tout advient (photo jjc)
Il n’est rien au monde d’aussi puissant
qu’une idée dont l’heure est venue.
    Victor Hugo

 

trouble naturel - photos H.Moiselet« Il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois
et avec les couleurs de la justice » Montesquieu

 

 

A ceux qui viendront après nous      Bertold Brecht :

Vraiment, je vis en de sombre temps !
Un langage sans malice est signe
De sottise, un front lisse
D’insensibilité. Celui qui rit
N’a pas encore reçu la terrible nouvelle.

Que sont donc ces temps, où
Parler des arbres est presque un crime
Puisque c’est faire silence sur tant de forfaits !
Celui qui là-bas traverse tranquillement la rue
N’est-il donc plus accessible à ses amis
Qui sont dans la détresse ?

C’est vrai : je gagne encore de quoi vivre.
Mais croyez-moi : c’est pur hasard. Manger à ma faim,
Rien de ce que je fais ne m’en donne le droit.
Par hasard je suis épargné. (Que ma chance me quitte et je suis perdu.)

On me dit : mange, toi, et bois ! Sois heureux d’avoir ce que tu as !
Mais comment puis-je manger et boire, alors
Que j’enlève ce que je mange à l’affamé,
Que mon verre d’eau manque à celui qui meurt de soif ?
Et pourtant je mange et je bois.

J’aimerais aussi être un sage.
Dans les livres anciens il est dit ce qu’est la sagesse :
Se tenir à l’écart des querelles du monde
Et sans crainte passer son peu de temps sur terre.
Aller son chemin sans violence
Rendre le bien pour le mal
Ne pas satisfaire ses désirs mais les oublier
Est aussi tenu pour sage.
Tout cela m’est impossible :
Vraiment, je vis en de sombre temps !

Je vins dans les villes au temps du désordre
Quand la famine y régnait.
Je vins parmi les hommes au temps de l’émeute
Et je m’insurgeai avec eux.
Ainsi se passa le temps
Qui me fut donné sur terre.

Mon pain, je le mangeais entre les batailles,
Pour dormir je m’étendais parmi les assassins.
L’amour, je m’y adonnais sans plus d’égards
Et devant la nature j’étais sans indulgence.
Ainsi se passa le temps
Qui me fut donné sur terre.

De mon temps, les rues menaient au marécage.
Le langage me dénonçait au bourreau.
Je n’avais que peu de pouvoir. Mais celui des maîtres
Etait sans moi plus assuré, du moins je l’espérais.
Ainsi se passa le temps
Qui me fut donné sur terre.

Les forces étaient limitées. Le but
Restait dans le lointain.
Nettement visible, bien que pour moi
Presque hors d’atteinte.
Ainsi se passa le temps
Qui me fut donné sur terre.

Vous, qui émergerez du flot
Où nous avons sombré
Pensez
Quand vous parlez de nos faiblesses
Au sombre temps aussi
Dont vous êtes saufs.

Nous allions, changeant de pays plus souvent que de souliers,
A travers les guerres de classes, désespérés
Là où il n’y avait qu’injustice et pas de révolte.

Nous le savons :
La haine contre la bassesse, elle aussi
Tord les traits.
La colère contre l’injustice
Rend rauque la voix. Hélas, nous
Qui voulions préparer le terrain à l’amitié
Nous ne pouvions être nous-mêmes amicaux.

Mais vous, quand le temps sera venu
Où l’homme aide l’homme,
Pensez à nous
Avec indulgence

arbres nuit et lumière

Méditation du moment

Un jour, quelqu’un vint voir Socrate et lui dit :
Écoute Socrate, il faut que je te raconte comment ton ami s’est conduit.

– Arrête ! Interrompit l’homme sage.
As tu passé ce que tu as à me dire à travers les trois tamis ?

– Trois tamis ? dit l’autre, empli d’étonnement.
– Oui, mon bon ami : trois tamis.
Examinons si ce que tu as à me dire peut passer par les trois tamis.
Le premier est celui de la Vérité.
As tu contrôlé si ce que tu as à me dire est vrai ?

– Non, je l’ai entendu raconter, et …
– Bien, bien. Mais assurément, tu l’as fait passer à travers le deuxième tamis.
C’est celui de la Bonté. Ce que tu veux me dire, si ce n’est pas tout à fait vrai, est-ce au moins quelque chose de bon ?

Hésitant, l’autre répondit : non, ce n’est pas quelque chose de bon, au contraire …
– Hum, dit le Sage, essayons de nous servir du troisième tamis, et voyons s’il est utile de me raconter ce que tu as à me dire …
– Utile ? Pas précisément.
– Eh bien, dit Socrate en souriant, si ce que tu as à me dire n’est ni vrai, ni bon, ni utile, je préfère ne pas le savoir, et quant à toi, je te conseille de l’oublier …

il fait bon nager

Publié par

Jean Jacques Cuvillon

né en 1951 à Nancy habite dans le Minervois psychanalyste - analyse des profondeurs, professeur de yoga, diététicien, hygiéniste de santé, P.N.L., A.T, coach.