Carl Gustav Jung

Carl Gustav Jung JUNG 1875-1961

Pour Michel Maffesoli, sociologue très réputé, ce qu’a apporté Jung permet de comprendre la société contemporaine. Il dit encore: « Jung ? La grille de lecture la plus éclairante sur la post-modernité…
Il a mis en lumière l’importance des archétypes qui nous traversent tous inconsciemment ».

Quelques éléments déterminants de sa vie.

Carl Gustav JUNG naît en 1875 sur les rives du lac de Constance en Suisse allemande d’un père pasteur et d’une mère passionnée d’occultisme, opposition qui le marquera fortement.

Dès 1910 il est psychiatre au Burghölzli, clinique psychiatrique d’avant-garde. Jung y expérimente sa théorie des associations de mots.

De 1907 jusqu’à la rupture en 1912, Jung sera un fervent défenseur de Freud mais il refusera de le suivre notamment dans sa notion de libido (purement sexuelle pour Freud).
On peut dire enfin que « l’inconscient jungien » (Jung définira l’inconscient collectif) est véritablement incompatible avec celui de Freud uniquement individuel et activé par la sexualité.

Dès 1906 Jung cumulera son travail de psychiatre, de professeur à l’université de Zurich, de psychanalyste en cabinet sans oublier la rédaction de ses nombreux livres, sa correspondance internationale très importante et ses voyages.

Jung en 1912 suit l’enseignement de Janet à Paris.
En 1925 il traverse les Etats-Unis, étudiant la culture amérindienne.
Il passe 6 mois en Afrique noire.
Ses voyages « éthnologiques » lui permettent de développer sa théorie de l’inconscient collectif.
En Inde, il étudie les spiritualités orientales.
Il donne également de nombreuses conférences tant aux Etats-Unis qu’à Londres.

Enfin, on ne peut pas parler de Jung sans évoquer l’alchimie dont il approfondira l’étude toute sa vie.
Pour lui, l’analyse est un processus comparable à celui de l’alchimie, une science remontant à des millénaires dont il fait le fondement de sa démarche intellectuelle et thérapeutique.

Jung meurt en 1961 après s’être retiré dans sa maison au bord du lac de Zurich, se consacrant à ses recherches et à sa quête intérieure.

Quelques livres de Jung
« Dialectique du moi et de l’inconscient », «les types psychologiques », « les racines de la conscience », « psychologie et alchimie », «Essai d’Exploration de l’Inconscient», « ma vie, souvenirs, rêves et pensées »,……


LE LIVRE ROUGE       lien vers livre rouge

Jung est mort en 1961 et son « Livre rouge » n’a été publié qu’en 2009 en Angleterre et 2011 en France.
Jung l’a rédigé entre 1914 et 1930 et illustré de sa main, après en avoir écrit plusieurs versions.

Pour écrire ce livre il a utilisé ce qu’il appellera plus tard l’imagination active.

On y trouve la transcription d’expériences intérieures.

C’était pour Jung le «livre de son âme », un livre précieux, écrit en allemand gothique avec des enluminures et de nombreuses peintures (la traduction en français est en seconde partie du livre).

Jung a cherché en étant à l’écoute de tout ce qui l’habitait, émotions, associations d’idées etc, à comprendre.

Parlant de ce livre dont très peu de personnes en connaissaient l’ébauche, il a dit bien plus tard : « Toute mon activité ultérieure consista à élaborer ce qui avait jailli de l’inconscient au long de ces années et qui tout d’abord m’inonda ».

Ce fut la matière première pour toute une vie.

Les illustrations du Livre Rouge ont été réalisées par Jung lui-même. Lorsqu’il est à Paris en 1902 , Jung passe beaucoup de temps à peindre ou à visiter des musées. A la fin de sa vie, il se consacre à la sculpture sur bois et sur pierre, ciselant même des textes dans la pierre.
C’était surtout pour lui un moyen de fixer ses idées essentielles, de les mettre en forme, de les fixer dans un matériau durable.

Jung a marqué un intérêt pour Odilon Redon lors de son passage à Paris.

Il a acquis nombreuses copies d’œuvres d’art, de bustes antiques, de peintures italiennes. Il avait des goûts personnels classiques mais on doit aussi noter son rapport à l’art moderne et ses liens avec de jeunes artistes de Zurich, comme Franz Riklin, ou d’autres proches de Dada, comme Sophie Taeuber-Arp et Erika Schlegel, tant sur le plan plastique que théâtral. Jung a écrit sur Picasso, sur Duchamp et sur les peintures d’art brut, surtout pour étudier le reflet donné par l’art aux crises psychiques des sujets et du monde collectif . 

Jung était également très curieux des expressions plastiques non-occidentales. On notera l’influence de l’art africain sur les nombreuses sculptures faites par lui et aussi son goût pour les mandalas tibétains et pour l’Asie en général.